dernière mise à jour le 10 mai 2007
- Sommaire
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- 1) Quel est le rôle du CHSCT ?
- 2) Quelle composition ?
- 3) Quel fonctionnement ?
- 4) Quels sont les moyens dont dispose le CHSCT ?
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5) Quelles sont les garanties pour les salariés membres du CHSCT ?
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- Synthèse
Constitué dans tous les établissements occupant au moins 50 salariés, le CHSCT a pour mission de contribuer à la protection de la santé et de la sécurité des salariés ainsi qu'à l'amélioration des conditions de travail. Composé notamment d'une délégation du personnel, le CHSCT dispose d'un certain nombre de moyens pour mener à bien sa mission (information, recours à un expert...) et les représentants du personnel, d'un crédit d'heures et d'une protection contre le licenciement. Ces moyens sont renforcés dans les entreprises à haut risque industriel. En l'absence de CHSCT, ce sont les délégués du personnel qui exercent les attributions normalement dévolues au comité.
A savoir
Sous les réserves et dans les conditions précisées aux articles R. 713-9 à R. 713-14 du code du travail, sont applicables aux entreprises électriques et gazières, les dispositions du livre II du code du travail relatives aux comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, notamment celles qui concernent les attributions de ces instances, la coordination de l'activité des différents comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, ainsi que les règles de recours et de compétence juridictionnelle.
Quel est le rôle du CHSCT ?
Le comité contribue à la protection de la santé et de la sécurité des salariés et à l'amélioration de leurs conditions de travail, notamment par :
l'analyse des conditions de travail et des risques professionnels
auxquels peuvent être exposés les salariés et, en particulier, les femmes enceintes ;
la vérification, par des inspections
et des enquêtes, du respect des prescriptions législatives et réglementaires et de la mise en œuvre des mesures de prévention préconisées ;
le développement de la prévention
par des actions de sensibilisation et d'information. Il peut, par exemple, proposer des actions de prévention en matière de harcèlement sexuel ou moral ;
l'analyse des circonstances et des
causes des accidents du travail ou des maladies professionnelles ou à caractère professionnel.
Dans les établissements de 50 salariés et plus dépourvus de CHSCT, les
délégués du personnel assument les missions dévolues au comité.
Dans les établissements de moins de
50 salariés, l'inspecteur du travail peut imposer la création d'un CHSCT en raison notamment de la nature des travaux, de l'agencement ou de l'équipement des locaux.Le CHSCT est notamment consulté avant toute décision d'aménagement important modifiant les conditions d'hygiène et de sécurité ou les conditions de travail et, en particulier :
avant toute transformation importante des postes de travail découlant
de la modification de l'outillage, d'un changement de produit ou de l'organisation du travail ;
avant toute modification des
cadences et des normes de productivité liées ou non à la rémunération du travail ;
sur le plan d'adaptation lors de la
mise en œuvre de mutations technologiques importantes et rapides ;
sur les mesures prises en vue de
faciliter la mise, la remise ou le maintien au travail des accidentés du travail...
Dans les entreprises comportant une ou des installations particulières à haut risque industriel - entreprises classées « Seveso seuil haut » et celles
de stockage souterrain de gaz naturel, hydrocarbures ou produits chimiques - le CHSCT est notamment consulté sur :
la sous-traitance nouvelle d'une
activité à une entreprise extérieure appelée à réaliser une intervention pouvant présenter des risques particuliers ;
la liste établie par l'employeur des
postes de travail liés à la sécurité de l'installation...
Dans les établissements comportant au moins une installation soumise à autorisation préfectorale, le CHSCT doit, après avoir pris connaissance, le cas échéant, des résultats de l'enquête publique, émettre un avis motivé lors de sa consultation par l'employeur sur le dossier de demande d'autorisation. Cet avis est adressé au préfet par le président du comité dans un délai de 45 jours suivant la clôture du registre de l'enquête publique.
Dans ces établissements, le comité donne également son avis sur le plan d'opération interne, ainsi que sur la teneur des informations transmises au préfet en cas de prescriptions additionnelles ou complémentaires. Ces avis sont adressés au préfet par le président du comité dans les 30 jours suivant la consultation ; en l'absence d'avis, il est passé outre dès lors que le comité a été régulièrement informé et convoqué pour cette consultation.
Quelle composition ?
Siègent au CHSCT :
le chef d'établissement ou son
représentant assumant la présidence ;
la délégation du personnel dont les
membres - salariés de l'entreprise - sont désignés pour 2 ans (mandat renouvelable) par un collège constitué par les membres élus du comité d'entreprise ou d'établissement et les délégués du
personnel ;
à
titre consultatif, le médecin du travail, le chef du service de sécurité et des conditions de travail (à défaut, l'agent chargé de la sécurité et des conditions de travail) et, occasionnellement,
toute personne qualifiée de l'établissement désignée par le comité.
L'inspecteur du travail et l'agent du service de prévention des organismes de sécurité sociale peuvent assister aux réunions.
Quel fonctionnement ?
Le CHSCT est doté de la personnalité morale. Il se réunit au moins une fois par trimestre mais aussi à la suite de tout accident ayant entraîné ou ayant pu entraîner des conséquences graves ou à la demande motivée de deux membres du comité.
Quels sont les moyens dont dispose le CHSCT ?
Le CHSCT reçoit du chef de l'établissement :
les moyens nécessaires à la
préparation et à l'organisation des réunions et aux déplacements imposés par les enquêtes ou les inspections menées par le comité ;
les informations indispensables à
l'exercice de ses missions. À ce titre, l'employeur doit lui présenter tous les ans le rapport écrit sur le bilan de la situation générale en matière d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail et concernant les actions menées au cours de l'année écoulée, ainsi que le programme annuel de prévention des risques professionnels. Le document unique sur lequel sont transcrits les
résultats de l'évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, à laquelle doit procéder l'employeur, doit par ailleurs être laissé à la disposition des membres du CHSCT.
L'employeur doit également porter à la connaissance du CHSCT les rapports et les résultats des études du médecin du travail portant sur l'action de ce dernier en milieu de travail, qui lui sont
communiqués par le service de santé au travail.
Le CHSCT peut recourir, aux frais de l'entreprise, à un expert agréé en cas de risque grave constaté ou de projet important modifiant les conditions d'hygiène et
de sécurité ou les conditions de travail.
Le CHSCT peut également avoir recours :
à l'expert intervenant auprès du
comité d'entreprise à l'occasion de l'introduction de nouvelles technologies dans l'entreprise ;
à un expert en risques
technologiques dans les entreprises comportant une ou des installations particulières à haut risque industriel, soit en cas de demande d'autorisation d'exploitation d'une installation classée,
soit en cas de danger grave en rapport avec l'installation précitée. Dans le premier cas, l'expert, choisi après consultation du service instructeur de la demande d'autorisation, doit remettre
son rapport au comité avant la clôture de l'enquête publique et le présenter en réunion du comité avant la consultation de ce dernier sur l'ensemble du dossier ; dans le second cas, l'expert
doit présenter son rapport au comité dans le délai de 45 jours à compter de sa saisine.
Les salariés, représentants du personnel au CHSCT, disposent quant à eux d'un crédit d'heures pour l'exercice de leurs fonctions, soit au moins :
2 heures par mois dans les
établissements occupant jusqu'à 99 salariés ;
5 heures par mois dans les
établissements occupant de 100 à 299 salariés ;
10 heures par mois dans les
établissements occupant de 300 à 499 salariés ;
15 heures par mois dans les
établissements occupant de 500 à 1 499 salariés ;
20 heures par mois dans les
établissements occupant 1 500 salariés et plus.
Ce crédit d'heures est considéré comme temps de travail. Il est majoré de 30 % dans les entreprises comportant une ou plusieurs installations à haut risque industriel.
N'est pas déduit du crédit d'heures le temps passé aux activités suivantes :
réunions ;
enquêtes menées après un accident de
travail grave ou des incidents répétés ayant révélé un risque grave, une maladie professionnelle ou à caractère professionnel grave ;
recherche de mesures préventives
dans toute situation d'urgence et de gravité, notamment lors de la mise en œuvre de son droit d'alerte par un membre du comité.
Les représentants du personnel au CHSCT doivent bénéficier, dès leur première désignation, d'une formation nécessaire à l'exercice de leurs missions. Dans les
établissements où il n'existe pas de CHSCT, et dans lesquels les délégués du personnel sont investis des missions dévolues aux membres de ce comité, les délégués du personnel bénéficient de cette
formation.
Cette formation théorique et pratique a pour objet de développer leur aptitude à déceler et à mesurer les risques professionnels et leur capacité d'analyser les conditions de travail. Elle doit
être renouvelée au bout de 4 ans de mandat, consécutifs ou non.
Dans les établissements de 300 salariés et plus, la durée de la formation est de 5 jours. Elle est de 3 jours dans les établissements de moins de 300 salariés,
sauf dispositions conventionnelles plus favorables.
La formation peut être assurée :
soit par des centres habilités au
niveau national à organiser les stages de formation économique, sociale et syndicale, dont la liste est fixée, chaque année, par arrêté ministériel (pour l'année 2007, arrêté du 7 décembre 2006, JO
du 17 déc) ;
soit par des organismes habilités au
niveau régional par le préfet de région. La liste de ces organismes est disponible dans chaque Direction régionale du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle, ou auprès des
services de la caisse régionale d'assurance maladie (CRAM).
Dans les établissements comprenant au moins une installation nucléaire de base ou une installation figurant sur la liste prévue au IV de l'article L. 515-8 du code de l'environnement ou visée à l'article 3-1 du code minier (établissements dits à « hauts risques industriels »), les représentants du personnel au CHSCT, y compris, le cas échéant, les représentants des salariés des entreprises extérieures, bénéficient d'une formation spécifique correspondant à des risques ou facteurs de risques particuliers, en rapport avec l'activité de l'entreprise. Les conditions dans lesquelles cette formation est dispensée et renouvelée peuvent être définies par convention ou accord collectif de branche ou par convention ou accord collectif d'entreprise ou d'établissement.
Quelles sont les garanties pour les salariés membres du CHSCT ?
Ils bénéficient des mêmes protections contre le licenciement que celles assurées aux membres du comité d'entreprise.
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